5 Aldo Reset
Au début du film, Aldo Reset se laisse influencer par la télévision française CNEWS, qui diffuse des informations biaisées. Cependant, il lit régulièrement Le Monde, il écoute la radio France Inter et il regardera ensuite la télévision française LCI. Il ne s’intéresse pas aux séries en VOD, mais il achète des DVD et des Blu-ray pour se constituer une petite collection de films. Enfin, Aldo Reset n’a aucun intérêt pour le sport à la télévision, en particulier le football.
Aldo Reset n’est pas particulièrement cultivé, ses héros sont des personnages de fiction, des personnalités célèbres et des hommes d’État : Luke Skywalker, James Bond, Rambo, Le Général Leclerc, Marcel Dassault ou encore Charles de Gaulle. Aldo Reset est persuadé que chaque individu est programmé pour réaliser son destin, dont il est entièrement le maître. Aldo Reset rêve d’incarner la France, mais il n’en a malheureusement jamais eu l’occasion, vu qu’il mène une vie paisible et sans histoire.
Enfant, Aldo Reset a été confronté à une propagande religieuse assez douce, mais quand il se remémore cette époque, il se souvient avoir toujours douté de l’existence d’un dieu. Le soir, il avait le choix entre feuilleter une bible pour enfant, Picsou Magazine ou le Journal de Spirou et il a presque toujours choisi Picsou Magazine, ce qui explique son penchant pour le libéralisme. Dans sa famille, il était interdit d’acheter Pif Gadget, dont le personnage principal est Rahan, le “porteur de feu”, sous prétexte que c’était une publication affiliée au Parti communiste français. Mais bien entendu, Aldo Reset contournait cette interdiction et achetait Pif Gadget, sans se douter qu’il finançait indirectement le goulag soviétique.
Aldo Reset aurait analysé et compris certains principes de manipulation mentale, comprenant que tout manipulateur peut être manipulé, vu qu’il pense «être en contrôle» et qu’il est donc assez peu vigilant.
Aldo Reset collabore pour documenter les pratiques de la production. Aldo connaît l’importance et l’usage des Pots de miel ou Honeypot, qui consistent à attirer l’attaquant dans un piège irrésistible où ce dernier dévoile son jeu.
Aldo adopte la stratégie de la “ville ouverte”, se laissant pirater et minimisant à chaque fois ses connaissances, laissant croire qu’il est une cible facile.
Aldo adopte la stratégie de lutter seul contre tous. C’est surtout que les protagonistes s’accharnent à plusieurs contre un seul individu isolé. Aldo semble être une proie facile. Les protagonistes adorent humilier Aldo.
Aldo est lui-même réalisateur de caméras cachées, donc il détecte certaines caméras cachées et il improvise en disant n’importe quoi. La détection des caméras cachées est rendue possible en vertu du principe du chat noir : il existe toujours quelques défauts dans la mise en scène.
Aldo connaît l’expérience de Milgram sur l’obéissance à l’autorité. Le sujet croit administrer de véritables chocs électriques à un « élève » (en réalité un acteur) à chaque mauvaise réponse, sous les instructions d’un expérimentateur en blouse blanche, afin de mesurer jusqu’où les gens sont prêts à obéir même quand cela semble infliger une souffrance grave.
Aldo obéit aux femmes et il est féministe, un détail de personnalité qui a son importance.
Aldo est l’inventeur du concept de double caméra cachée : quand on filme en caméra cachée, on se filme soi-même, en révélant sa véritable personnalité. Lors d’une séance de testing, il met en garde son ami E.G., en l’avertissant que tous les protagonistes sont des sujets du documentaire, en lui conseillant de flouter son visage.
Enfin, durant ses études, Aldo Reset a lu le passage suivant, tiré du Livre I, chapitre VII (Du Souverain) de Du Contrat social (1762) écrit par Jean-Jacques Rousseau, souvent compris comme une justification de la tyrannie :
« Afin donc que le pacte social ne soit pas un vain formulaire, il renferme tacitement cet engagement, qui seul peut donner de la force aux autres, que quiconque refusera d’obéir à la volonté générale, y sera contraint par tout le corps ; ce qui ne signifie autre chose sinon qu’on le forcera à être libre, car telle est la condition qui, donnant chaque citoyen à la patrie, le garantit de toute dépendance personnelle, condition qui fait l’artifice et le jeu de la machine politique, et qui seule rend légitimes les engagements civils, lesquels, sans cela, seraient absurdes, tyranniques, et sujets aux plus énormes abus. »